Mercredi 14 août

Nous nous levons à 5h30 et chargeons les bagages dans les voitures. Sur les toits de celles-ci, Osvaldo et Nilo ont placé les tentes et les matelas, qui forment un gros ballot. Roy, un ami d’Osvaldo, nous rejoint, il va écrire un reportage sur le circuit que nous allons faire dans la Chiquitania, une vaste région située à l’est de Santa-Cruz, qui s’étend jusqu’au Brésil.

A 6h00, nous prenons la route et très vite survient le premier incident, un matelas se détache du toit. Osvaldo court le récupérer et attache plus solidement le ballot. La ville s’éveille peu à peu et à chaque carrefour des marchands ambulants nous présentent miches, boissons, fruits, morceaux de canne à sucre à sucer. Les nombreuses échoppes qui bordent la route s’animent, des passants y prennent leur petit déjeuner. Les arbres ont perdu leurs feuilles, mais le printemps commence, ils sont en pleine floraison, de toutes les couleurs : rouge, orange, rose tendre, jaune.

Nous traversons le Rio Grande et parcourons une région qui a été complètement déforestée dans les années 90 dans le cadre d’un grand projet de la Banque Mondiale visant le développement de monocultures telles que le soja, le sorgho, le blé etc. Les mesures d’accompagnement écologiques de ce projet n’ont pas été réalisées, contrairement à ce qui avait été prévu, et aujourd’hui les sols appauvris sont progressivement reconvertis en pâtures pour l’élevage.

Après un petit déjeuner pris en chemin, nous empruntons, vers 9h30, la piste, bordée de vastes champs de sorgho, maïs et tournesol, qui s’étendent à perte de vue. Il nous faut deux heures et demie de route pour parcourir les 100 km qui nous séparent de San Antonio de Lomerio. La grand-place est dominée par l’église, datant des missions jésuites, qui contraste avec un hall sportif tout neuf à la toiture métallique. Nous continuons notre chemin jusqu’à San Lorenzo, un village qui dépend de la commune de San Antonio, où se trouve l’association d’apiculteurs Apmil, membre d’Adapicruz. Nous sommes accueillis par Elena, apicultrice, qui nous présente notre logement et nous invite à cueillir des pomelos, que nous dégustons sans tarder.

Elena et Emilio nous conduisent au local d’Apmil, où tout le monde se présente, et, après le dîner, nous nous dirigeons vers le rucher, situé à plus ou moins 1 km du village. Malgré l’agressivité des abeilles, nous prenons le temps de réviser plusieurs ruches et d’échanger sur divers points techniques. De retour au local, Emilio nous présente de manière très didactique le calendrier apicole de la région. Il remet à Benoît une demande d’appui au nom d’Apmil et nous fait ensuite visiter la miellerie et la salle d’extraction. Nous assistons à une soirée culturelle dans le hall sportif, ponctuée de musique locale, de danses et de nombreux discours. Une grande jarre de chicha, boisson traditionnelle préparée à partir de maïs fermenté, est dévoilée : Nilo y puise la chicha à l’aide d’une grande calebasse et se fait accompagner par Benoît qui remet à tous les assistants, un peu plus de soixante personnes, une petite calebasse servant de cuillère. Ce cérémonial nous plaît et constitue le moment fort de cette soirée. Un petit pot de miel nous est remis avec, à l’intérieur, un morceau de rayon du miel que nous avons récolté l’après-midi.

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